Et si les habitants du long de la Loire compostaient dans le fleuve ?

Et le fleuve amena du compost !

co-fleuve-de-loire1Longtemps au main d’un braconnage de rivière assez problématique du fait de la non distinction entre déchets plastiques et déchets fermentescibles, la Loire était classé par les ardus défenseurs de l’environnement dans la catégorie « poubelle flottante ».

La Loire fut vite reprise en main par une coordination d’association dont l’association de Kayak Loirain, la Fédération protectrice des crustacés d’eau douce, la Paix d’une autre couleur, les Pêcheurs associés.

En 2009, soit plus de 3 ans après la première réunion de coordination, le concept de protection de la rivière qui portera le nom de « compostage de fleuve » est né.

Histoire de la Loire

co-fleuve-de-loire5La Loire, statistiquement parlant, est le plus long fleuve de France. Il traverse une bonne partie du pays et connaît donc les bons et les mauvais côtés de la convivialité française. Quelques barrages hydroélectriques, quelques zones de pêches surexploitées, quelques déversement de déchets toxiques. Son statut de zone protégé lui sauve pourtant la mise. Et c’est ce qui encourage des nombreuses associations, qui se déclinent région par région, à le défendre.

Organisation à priori opaque vu la multitude d’initiatives locales pour chaque portion du fleuve (sur plus de 1100kms, on ne peut rêver à une harmonisation complète), l’idée de nationaliser une action via une association de compostage nationale semblait plus qu’idéale.

Création d’un collectif « Fleuve de Loire »

Ce n’est qu’en s’affranchissant des subventions des pollueurs que l’on pourra défendre la Nature

co-fleuve-de-loire8Quelques mois sont nécessaires à la création du collectif.

« L’extension Fleuve de Loire est pour nous est moyen de propager une action qui a vite fait de se réduire à une région. Étant à l’estuaire du fleuve, nous avons la chance de récupérer tous les déchets ou autres toxiques qui flottent depuis l’Ardèche. Nos actions se basent depuis peu intégralement sur le projet « compostage de fleuve » qui fait ses adeptes avant même d’être mis en place. Il devient donc urgent d’en définir de bonnes bases ! » Fabien Descrat

Le projet de « Compostage de fleuve »

co-fleuve-de-loire4A la base, l’objectif est de réduire les pollutions non biodégradables de la Loire. Les actions actuelles des communautés d’agglomération sur les entreprises sont encore trop dépendants des accords tacites entre responsable environnement et patrons qui empêchent tout contrôles sous peine de « licenciements économiques ».

La cible principale du projet sont donc les particuliers et les usagers associatifs du fleuve. Plus de 780 000 personnes sont concernées directement sans compter les touristes que l’on estime à plus de 86 000 par an sur toute la longueur de la Loire.

Annuellement, près d’un million de personne ont un impact plus ou moins important sur la Loire !

Une action concrète et de grande envergure

co-fleuve-de-loire7Pour ne pas limiter l’action à de simples  » Journées de ramassages des ordures » régulières, Fleuve de Loire a mis en place une opération de sensibilisation des « pièges à touristes » le long de la Loire. Elle a réussi ainsi à proposer aux commerces ses produits biodégradables pour permettre aux touristes de jeter sans problème leur résidus de pique nique dans le fleuve.

Le collectif en a profité pour privilégier les circuits courts de consommation avec liens direct aux producteurs locaux tout en contrôlant le taux de sucre dans les produits vendus. Face à une telle expertise, les vendeurs effectuent le changement de produit avec plaisir.

« Mes produits sont systématiquement distribués dans des sacs en papier kraft certifiés rapidement biodégradables, j’ai pu économiser sur mes dépenses en réduisant l’achat de sucre raffiné et en privilégiant les farines complètes : je suis même la première boulangerie à proposer des viennoiseries à la farine de seigle. Ma spécialité est la feuille de noisette. »

Une commerçante du long de la Loire

Et en pratique ?

co-fleuve-de-loire2« On ne peut pas être catégorique sur la réduction des déchets jetés dans le fleuve. La faune plastique est encore assez présente. Mais peut on être sûr que ce ne sont pas des déchets qui ont été jetés il y a des décennies et qui surviennent encore maintenant ? Je constate toutefois, en parcourant les bois autour du fleuve, que les résidus de pique nique touristiques sont plus des « tas de compost anarchiques » que des résidus métalliques ou en verre et c’est cela qui m’encourage, chaque jour, à continuer mon action. » René Tacius, observateur-composteur

En chiffres, plus de 720 commerces ont été sensibilisés par l’action de Fleuve de Loire le long du fleuve. Le deuxième passage des bénévoles a permis de voir que 72% des commerçants changeait ou promettait un changement dans l’année à venir contre 4% de réfractaires purs à l’action globale de l’association.

« Si je les avais écouté, j’aurais arrêté de vendre du café et du chocolat. Si c’est pour me ruiner, qu’ils aillent jouer ailleurs ! » Un commerçant réfractaire.

Projets d’avenir

co-fleuve-de-loire6Quand la remontée du fleuve sera complétée, le projet « Compostage de fleuve » n’aura plus qu’à être contrôlé de temps en temps. D’autres idées émergent quotidiennement dans les esprits des bénévoles, et il ne tient souvent qu’à un duo de porter un projet qui peut vite gagner en envergure grâce aux grandes mobilisations permises par le côté national de l’association.

Toutes ces futures actions se font au bord de la Loire et sont organisées par Fleuve de Loire (plus d’informations affichées dans les villes concernées) :

  • 6 décembre à Briare (Centre), « Pique nique ‘lâcher de lest' »
  • 9 décembre à Blois, « Tourisme de rivière »
  • 12 décembre à Saumur, « Faune visible et compostage liquide »
  • 14 décembre à Decize (Bourgogne), « Lâcher de sacs biodégradables »
  • 23 décembre à Roanne (Loire), « Pour un Noël fermentescible… mais pas trop vite ! »

Il n’y a plus qu’à essayer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *